Réception et préparation des intrants
Pesée, contrôle visuel, broyage des matières solides et stockage en fosse couverte ou en silo. La régularité du mélange est ce qui protège le digesteur des acidifications.
Méthanisation — procédé et intrants
Effluents d'élevage, résidus de culture, biodéchets de collectivité : la digestion anaérobie les transforme en biogaz et en fertilisant. C'est la seule filière renouvelable qui produit vingt-quatre heures sur vingt-quatre, indépendamment de la météo. La valorisation du gaz et le cadre réglementaire sont traités sur la page valorisation du biogaz.
Le procédé
Cinq étapes, une température maintenue autour de 38 °C et une régularité d'alimentation qui conditionne la stabilité biologique de l'ensemble.
Pesée, contrôle visuel, broyage des matières solides et stockage en fosse couverte ou en silo. La régularité du mélange est ce qui protège le digesteur des acidifications.
Les intrants sont introduits par doses régulières dans un digesteur brassé et maintenu autour de 38 °C. La flore bactérienne dégrade la matière organique en une quarantaine de jours.
Le biogaz brut contient 50 à 60 % de méthane. Il est désulfuré, séché puis dirigé vers une cogénératrice ou vers une unité d'épuration qui porte sa teneur en méthane au-delà de 97 %.
Cogénération sur site — électricité injectée et chaleur récupérée pour le chauffage des bâtiments ou le séchage — ou injection de biométhane directement dans le réseau de gaz.
Le digestat, liquide et solide, est stocké puis épandu selon un plan d'épandage validé. Il remplace une part importante des engrais minéraux achetés.
Les intrants
Le pouvoir méthanogène varie fortement d'une matière à l'autre. Un mélange équilibré vaut mieux qu'un intrant unique, même très productif.
| Intrant | Origine | Méthane produit | Remarque d'exploitation |
|---|---|---|---|
| Lisier bovin | Élevage | 12 à 18 m³/t | Faible rendement mais excellent support bactérien |
| Fumier de bovin | Élevage | 40 à 60 m³/t | Nécessite un incorporateur à matières solides |
| Fumier de volaille | Élevage | 70 à 90 m³/t | Riche en azote, à doser pour éviter l'inhibition |
| Cultures intermédiaires | Assolement | 60 à 100 m³/t | Plafonnées réglementairement dans la ration |
| Issues de céréales | Stockage, silo | 180 à 260 m³/t | Très énergétiques, à incorporer progressivement |
| Biodéchets de restauration | Collectivité, industrie | 90 à 140 m³/t | Traçabilité et hygiénisation obligatoires |
| Graisses et boues de flottation | Agroalimentaire | 250 à 500 m³/t | Rendement élevé, dosage strict pour éviter le moussage |
Typologies
Le montage juridique, le financement et la conduite quotidienne diffèrent beaucoup selon l'origine des matières traitées.
Une exploitation, ses effluents, ses cultures intermédiaires et parfois ceux d'un voisin. Le digestat retourne sur les parcelles de l'exploitation, ce qui simplifie le plan d'épandage.
Plusieurs exploitations apportent leurs effluents, parfois avec une collectivité pour les biodéchets. Le gisement est plus large, mais la gouvernance demande un cadre contractuel solide.
Agroalimentaire, laiterie, abattoir, distillerie : les effluents deviennent une ressource au lieu d'un poste de traitement. La chaleur produite retourne le plus souvent au process.
Dimensionnement
On ne choisit pas une puissance puis on cherche les matières : on inventorie ce qui est réellement mobilisable sur douze mois, puis on en déduit la puissance. Un digesteur sous-alimenté trois mois par an coûte plus cher qu'un digesteur plus petit alimenté régulièrement.
Nous partons de vos effectifs animaux, de vos assolements et de vos surfaces d'épandage, et nous validons chaque tonnage annoncé par un calcul de production réelle. Les apports extérieurs sont comptés uniquement s'ils font l'objet d'un engagement écrit.
Ration
Exemple de deux mélanges permettant d'alimenter une unité de 150 kWé, avec des conséquences très différentes sur le transport et la stabilité biologique.
Calendrier
Un projet de méthanisation est long parce qu'il additionne une étude technique, une instruction administrative et un chantier de génie civil. Chacune de ces phases a son propre rythme, et vouloir en accélérer une se paie généralement sur la suivante.
Donnez-nous vos effluents disponibles et vos surfaces d'épandage : nous vous indiquons en une semaine si un projet est viable, et à quelle puissance.